FR édition française
EN english edition
ES versión española

   
Inscription à la Newsletter   ok

LE MAGAZINE DES MUSIQUES EN COULEURS


 
Bonga
liste complète des portraits
afrique > Angola > Bonga

Bonga


Poids lourd de la musique angolaise, Bonga est une figure emblématique pour toute l'Afrique noire. Ayant dû fuir son pays à 23 ans, il est devenu en exil un leader du Mouvement Populaire de Libération de l'Angola ainsi qu'un athlète recordman du 400 mètres. Au long de ses 26 albums et de ses 35 ans de carrière, il a su dégager un style musical qui fait école.

 
Portrait

Bonga

Une superbe voix grave et éraillée, des harmonies délicates, de belles mélodies tristes et dansantes : voilà qui caractérisait le Bonga de la grande époque. Ce musicien majeur de la musique africaine a, depuis, quelque peu sacrifié sa finesse au "profit" de l'efficacité et désormais il n'aime rien tant que de faire danser les salles entières, privilégiant les rythmes rapides et les arrangements sur lesquels se déhanchent les spectatrices. Pourtant, son nom est plutôt associé à de superbes ballades, qu'il s'agisse de "Sodade" (morceau traditionnel que Bonga avait enregistré dans les années 70, bien avant que Cesaria Evora en fasse un sublime hit planétaire en 1992) ou de "Mona ki n'gui xiça" que le cinéaste français Cédric Klapish a utilisé dans la bande-son du film "Chacun cherche son chat". Lorsqu'il est né en 1943 à Kipiri, Bonga s'appelait José Adelino Barçelo de Carvalho et l'Angola était sous domination portugaise. Il changera son patronyme trop colonial en un nom plus africain, celui de Bonga Kuenda. Car très tôt le jeune Bonga/José qui vit dans la banlieue pauvre de Luanda (capitale dont le centre est une forteresse bâtie en 1576 par les Portugais) est sensible aux mouvements indépendantistes qui secouent l'Afrique des années 50. Comment pourrait-il en être autrement dans ce pays dont la capitale est dominée par un bâtiment symbole de l'oppression coloniale, où les injustices sont flagrantes et où le dictateur portugais Salazar mène une répression féroce dans les campagnes pour écraser les révoltes paysannes ? Dans les faubourgs de Luanda, il se crée tout un mouvement (animé par des poètes, des romanciers, des peintres et des musiciens) pour retrouver l'Histoire et la culture de leur pays. Bonga rejoint le groupe de son père (accordéoniste) qui interprète de la Rebita, la musique des pêcheurs de Ilha de Cabo. Il y joue de la dikanzas, un instrument particulièrement subversif, non pas parce qu'il s'agit d'un bout de bambou strié sur lequel on frappe, mais parce que cet instrument à percussion marque le retour aux sources. La musique a joué un rôle essentiel pour rendre au peuple angolais sa dignité bafouée par le colonisateur. C'est ainsi que, dès les années 40, les "Ngola ritmo" -un groupe de neuf musiciens- sillonnent les bidonvilles en rejouant les rythmes traditionnels et en les agrémentant graduellement d'éléments plus modernes (guitares acoustiques, bribes de Fado portugais ou de musique brésilienne). Le Semba (style musical de la région de Luanda) prend alors un essor nouveau et ce rythme clandestin se répand comme une traînée de poudre. Bonga crée son propre groupe, nommé "Kissueia" (nom qui signifie "la misère des quartiers pauvres" en Kimbundu), dans lequel sont employés des instruments traditionnels, donc honnis par le pouvoir en place. A la dikanzas, se joignent un gros tambour n'gnoma, un arc musical ungu et une puita (tige insérée dans une peau). De surcroît, Bonga n'hésite pas à jouer des danses rituelles kalundu ou du kilombe-lombe. En 1966, pour échapper aux menaces, il est obligé de s'exiler. Il a alors 23 ans et s'installe à Lisbonne. Sous couvert d'une double carrière d'athlète et de footballeur, il poursuit son activisme politique et devient une figure de premier plan du Mouvement Populaire de Libération de l'Angola. Contraint de fuir à Rotterdam, il recommence là-bas ses activités musicales, en entrant notamment en contact avec ses confrères capverdiens. Il publie alors son premier album en Europe, "Angola 72", composé de 10 morceaux magnifiques et poignants à base de Semba (tantôt lente, tantôt rapide) et de percussions. Après un détour par la Belgique, Bonga s'installe à Paris où il rencontre de nombreux musiciens africains. Mais il se refuse farouchement à occidentaliser son style pour être plus vendeur. Seules concessions, il intègre un brin de Morna capverdienne et un zeste de Soukouss congolais à ses influences. Il en sortira un autre superbe disque, "Angola 74". Depuis, Bonga a composé plus de 170 chansons, s'apprête à publier son autobiographie, a été nommé pour le prix Unesco 1996, a reçu des disques d'or et de platine… mais les honneurs ne l'ont pas endormi car il demeure politiquement engagé en militant pour l'indépendance du Timor oriental.

Magali Bergès

Réagir


imprimer ajouter à My Mondo Mix
envoyer ajouter à un blog
 
Lire, Ecouter, Voir, Télécharger, Participer...
Musiques Télécharger et acheter en MP3 sur mondomixmusic.com
Vidéos  Le "mondomix" de Bonga sur TV5.org
 Fiesta Latina, août 2002.
 Les Suds à Arles, 1999
Interviews  Fiesta Latina, Sète 2002
 les Suds à Arles - juillet 1999
Reportages  Torino World Music Meeting
 Fiesta Latina
 Suds à Arles
Portrait Bonga
Chroniques  Live

 Maiorãis

 
Discographie
Mondomix Experience
(Compilation)

Mondomix Wagram
2008
Mondomix Experience
TELECHARGER
ACHETER
Maiorais
(Album)

Lusafrica BMG
2005
Maiorais
TELECHARGER
ACHETER
Live
(Album)

Lusafrica BMG France
2004
Live
TELECHARGER
ACHETER
Kaxexe
(Album)

Lusafrica BMG
2003
Kaxexe
TELECHARGER
ACHETER
Mulemba Xangola
(Album)

Lusafrica
2000
Mulemba Xangola
TELECHARGER
ACHETER
Angola
(Compilation)

Sunset
1998
Angola
TELECHARGER
ACHETER
Angola 72 - Angola 74
(Album)

BMG
1997
Angola 72 - Angola 74
TELECHARGER
ACHETER
Swinga swinga
(Album)

Scalen
1996
Swinga swinga
TELECHARGER
ACHETER
 
Contact
Lusafrica
Tél : 01 53 11 19 00 | Fax : 01 53 11 19 05
115 rue LAMARCK PARIS | FRA | 75018
Envoyer un email |Consulter le site web


 Réagir
Pour pouvoir réagir vous devez vous identifier.
Si vous n'êtes pas encore inscrit cliquez ici

E-Mail:


Mot de passe:



Mot de passe oublié ? Cliquez ici

Votre réaction (2000 caractères maximum) *




 
  En discuter sur le forum
 
Radio Mix // écoutez la playlist mondomix
   Créez votre espace  
Les nouveaux projets My Mondo Mix

Reportages
Sakifo Musik Festival
Une déferlante sonore sans frontière s’abat sur l’île de la Réunion jusqu'au 10 août et l'équipe Mondomix "lé là" pour vous faire vivre en direct l'expérience Sakifo, grâce à nos reportages quotidiens !
MUSIQUES SACREES
Jusqu'au 15 juin, Mondomix.com vous invite à vivre en direct de Fès la 14e édition du Festival des musiques sacrées du monde.
Découvrir
Reggae.fr
« Reggae.fr est le portail Reggae qui vous tient au courant de toute l'actualité de cette musique en plus de 600 vidéos, 1000 heures de mix, 800 biographies et des milliers de chroniques et interviews... »
Les échos de la Fête
Pour la fête de la musique, Mondomix et les Echos de la Fête ont reccueillis des fichiers «sons et images» de musiciens, graphistes et vidéastes du monde entier. Découvrez-les de suite !
Mondomix Experience
Le tour des musiques du monde en 24 heures, voici un programme que Jules Vernes n’avait pas imaginé. Mondomix vous embarque pour un voyage non linéaire dans lequel on avance par graduation de sensations…
Saisons Musicales
THEATRE DE LA VILLE
Retrouvez toute la programmation de la saison 2008-2009 Musiques du Monde au Théâtre de la Ville.
Nouvelles mises à jour
Festival des Musiques Sacrées du Monde   Oy division   Kutiman   Seheno   Asaf Avidan   Saban Bajramovic   Kristin Asbjørnsen   Sam Karpienia   Bibi Tanga   Sziget 2008   Céline Rudolph   Sheikh Taha   Tony Ray   Roger Damawuzan   Les Amazones de Guinée  
Membre de:
  the world music expo

Paris Capitale des
Musiques du Monde
Zone Franche Baicila Une résolution de 1024 x 768 est recommandée